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Ce que je n'avais pas anticipé en partant seule.

Je pensais savoir à quoi m’attendre en partant. Je savais que ce serait différent, intense, parfois inconfortable. Mais ce ne sont pas ces choses qui m’ont le plus marquée.

J'étais persuadée d'avoir besoin de repères. Et finalement, j'ai appris à avancer sans vraiment savoir où j'allais. 

J’ai toujours été très organisée. J’avais besoin de plans, de me projeter, de définir un agenda précis. L’inconnu me faisait peur et garder le contrôle me rassurait. J'évitais au maximum les plans galères. Même préparer un voyage était tout un art : tout devait être réservé en avance, l’itinéraire précis et les activités réfléchies.

Je ne dis pas que j’ai changé à 100 %, mais il y a eu un vrai lâcher-prise. Au Canada, j’ai découvert l'improvisation : réserver un week-end en chalet la veille pour le lendemain, aller camper au bord d’un lac trouvé au hasard ou encore arriver quelque part sans savoir où j’allais dormir dans les 48 prochaines heures.

Et finalement, même si cela m’a déstabilisée au début, j’ai fini par y prendre goût.

Parce que la vraie liberté était peut-être là.

Dans ces envies soudaines de partir m’isoler au milieu de la nature. Dans cette capacité à me laisser surprendre. Dans cette aventurière qui était là depuis longtemps mais que j’avais simplement mise de côté. Et parfois, dans ces rencontres qui vous poussent à aller là où vous n’auriez jamais pensé aller.

 

 

Il y a des moments où j’étais seule. Mais ce n’était pas forcément une mauvaise chose.

J’ai toujours été plutôt solitaire. J’aimais rester chez moi, ne rien faire, décliner certaines invitations par flemme ou parce que je croyais me suffire à moi-même. Alors être seule à l’autre bout du monde, loin de mes proches, même si c’était nouveau, ne me paraissait pas insurmontable.

Pourtant, au début, j’ai vite déchanté. Et honnêtement, j’ai bien failli faire ma valise et rentrer chez moi plus d’une fois.

Mais c’était avant de comprendre ce qu’était réellement la solitude. J’étais persuadée de savoir l’apprécier. En réalité, je me trompais.

Ce que j’aimais ce n’était pas être seule. C’était mon confort.

Là-bas, être seule n’avait rien à voir.

Je n’ai jamais été aussi entourée que lorsque j’étais seule, rien que par la nature, les animaux ou même les ciels étoilés. Apprendre à savourer le silence, à contempler la beauté de ce qui m’encerclait, a été l’une des formes de solitude les plus apaisantes que j’ai connues.

Mais c’est aussi souvent dans ces moments-là que je me retrouvais face à moi-même.

Sans distraction. Sans échappatoire. Juste moi avec mes pensées.

Cette solitude m’a appris à ralentir, à accueillir les vides sans vouloir les combler, à mieux comprendre mes besoins et surtout à accepter le regard des autres.

Aller au restaurant, dans un café ou même au cinéma seule n’était plus un problème pour moi. J’assumais pleinement d’avoir besoin de me retrouver seule, aussi de cette façon.

Et j’ai compris que la solitude n’était pas un manque mais un espace.

 

 

Là-bas, le temps n’avait plus la même valeur. Il n’y avait plus vraiment de rythme.

En France, ma vie était réglée par le fameux “métro, boulot, dodo”. Toutes les semaines avaient un goût de déjà vu et les surprises se faisaient rares.

Avec le temps, une sensation étrange est apparue : ce n’était pas seulement les jours qui passaient… c’était ma vie, sans que je lui donne vraiment de sens. J’étais enfermée dans mon train-train quotidien, comme avec un voile devant les yeux.

Et puis il y a eu la pandémie qui a été un véritable déclic : Deux ans à l’arrêt, confinée chez moi, à tourner en rond.

C’est là que j’ai réalisé quelque chose.

J’avais perdu cette étincelle. J’avais mis mes rêves de côté et j’étais devenue une version de moi-même plus fade, plus éteinte.

Peut-être que j’avais simplement besoin de sortir de cette cadence. Parce qu'au Canada, le temps n’avait plus rien à voir.

Les journées s’enchaînaient mais ne se ressemblaient pas. Le temps passait à une vitesse folle mais parce que chaque instant était vivant. Je profitais de tout ce qui s’offrait à moi, souvent avec beaucoup d’insouciance, au grand plaisir de mon âme d’enfant.

Écrire, lire, camper, pêcher, rouler pendant des heures sans but, partir en randonnée, observer la faune et la flore, passer du temps avec mes amis à chiller et rire…

J’avais l’impression de tout redécouvrir.

Et surtout, je ne ressentais plus cette pression constante de “faire”, de “remplir”, de “rentabiliser” mon temps. Je faisais les choses simplement parce que j’en avais envie, sans objectif précis, sans attente particulière.

Pour la première fois, j’avais l’impression d’avoir le temps.

Pas du temps à organiser, à optimiser ou à remplir… juste du temps à vivre.

Là-bas, les liens se créaient autrement. Plus simplement, mais plus intensément.

Avant de partir, mon cercle était déjà bien défini. Pour la plupart, c’étaient des relations construites avec le temps et qui avaient fait leurs preuves. Pour d’autres, elles me semblaient simplement convenables. Je n’avais pas l’impression d’avoir besoin de l'élargir.

Et pourtant, là-bas, tout s’est fait différemment.

Des inconnu(e)s sont entrées dans ma vie, parfois en quelques jours seulement, et ont pris une place que je n’aurais jamais imaginée.

Certaines sont devenues une seconde famille.

D’autres n’ont fait qu’un bref passage… mais ont marqué mon âme.

J’ai rencontré des personnes de tous horizons, de tous âges, souvent plus jeunes que moi. Et pourtant, je n’ai jamais autant appris de certaines d’entre elles.

J’ai vite compris que les liens se créaient différemment : tout était plus spontané, plus simple. Il n’y avait pas de jugement, juste des échanges vrais, sans avoir besoin d’être quelqu’un d’autre pour être appréciée.

Et forcément, cela a eu un impact sur moi. Ma vision de l’amitié a évolué.

J’ai compris que ce qui comptait vraiment, ce n’était pas le temps que l’on connaît quelqu’un… mais la manière dont on se sent avec cette personne.

Et que parfois, les liens les plus inattendus sont aussi les plus sincères.

Avec le recul, je me rends compte que ce ne sont pas les choses que j’avais prévues qui m’ont le plus marquée, mais toutes celles que je n’avais pas vues venir. Et c’est peut-être ça, finalement, le plus beau dans cette expérience.

 

 

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